Ce projet de loi américain veut force le sideloading sur iOS

Apple sera-t-il obligé d’accepter le sideloading (le fait d’installer directement des apps sans passer par la boutique officielle, comme sur Android) on iOS ? En tout cas, le contrôle que la firme de Cupertino a sur son écosystème est aujourd’hui menacé par un nouveau projet de loi aux États-Unis.

Malgré un intense lobbying de la part d’Apple, ce projet de loi baptisé Open App Markets Act vient de passer une première étape : le vote du comité judiciaire du Sénat des États-Unis. 20 membres de ce comité ont voté pour, et un seul a voté contre.

Le projet de loi a encore un long chemin à faire et il sera certainement débattu et amendé de nombreuses fois. Mais en tout cas, s’il était adopté tel qu’il est aujourd’hui, Apple serait obligé de rendre iOS aussi ouvert que son concurrent Android.

En effet, selon les explications de nos confrères de 9to5Mac, le projet de loi empêcherait les boutiques avec plus de 50 millions d’utilisateurs aux États-Unis d’imposer leurs systèmes de paiements (actuellement E discorpicde le point de Apple Games) . Le projet de loi permettrait aussi aux développeurs de communiquer directement avec les utilisateurs de leurs apps.

Mais surtout, Apple serait obligé d’accepter le sideloading sur iOS.

« L’adoption de l’Open App Markets Act par le comité judiciaire du Sénat nous rapproche un peu plus de la promulgation de cette législation. Ce projet de loi permettra aux utilisateurs de télécharger des applications directement à partir d’entreprises extérieures plutôt que d’être obligés de passer par les magasins d’applications officiels »a expliqué la sénatrice Marsha Blackburn, initiatrice du projet de loi avec un autre membre du sénat, dans un tweet.

Apple est catégoriquement contre

Bien évidemment, Apple s’oppose fortement à ce projet de loi. D’après Bloomberg, Tim Powderly, responsable des affaires gouvernementales d’Apple pour les États-Unis, aurait adressé une lettre à des sénateurs.

« Nous sommes profondément préoccupés par le fait que la législation, à moins qu’elle ne soit modifiée, permettrait aux grandes plateformes de médias sociaux d’éviter plus facilement les pratiques pro-consommateurs de l’App tras de l’App poursuivre leurs activités comme d’habitude »lirait-on dans cette lettre.

Le responsable d’Apple aurait aussi évoqué les risques en matière de sécurité, qui ouvriraient la voie à plus de logiciels malveillants, d’arnaques et d’exploitation de données.

Une fois de plus, donc, Apple évoque l’argument de la protection des données et de la sécurité pour défendre son système fermé. Lors du procès contre Epic, la firme de Cupertino avait même suggéré qu’à cause du sideloading, les Mac sont moins sécurisés que l’iPhone.

Notons qu’en Europe, deux projets de loi sont actuellement à l’étude : le Digital Market Act et le Digital Service Act. Ceux-ci devraient permettre un meilleur encadrement des services numériques et tout particulièrement des GAFAM.

« Dans ces deux actes, nous énonçons les principes de base pour toutes les entreprises numériques en Europe. Nous créons des règles du jeu équitables pour toutes les entreprises et des droits clairs pour tous les utilisateurs »a récemment déclaré la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours à l’événement Masters of Digital 2022.

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