Test : Lunar Sanposuru Gakuen (Game Gear)

Nous sommes en 1996 et notre chère Game Gear accueille les derniers jeux de son existence. Nombreux sont les fans de SEGA qui connaissent la serie Lunar. Cette dernière nous a offered deux épisodes fantastiques sur Mega-CDet a égallement permis à ce style de RPG, très “japonais” dans l’esprit, de prendre ses marques en occident notamment grâce aux efforts de Working Designs sur la localization. Fort du succes de ces deux titres, Game Arts et Studio Alex ont décidé d’offrir un opus original aux personnes jouant encore sur la console portable 8 bits de SEGA : Lunar Sanposuru Gakuenou encore Lunar Walking School.

Loués soient les fans !

Avant toute chose, il me paraît essentiel de remercier la scène fantrad sans qui tous ces jeux n’auraient jamais été traduits en anglais. Car bien évidemment, Lunar Walking School était resté coincé au Japon, comme tant d’autres excellents sur consoles SEGA.

L’aventure nous met dans la peau d’Ellie et Lena, deux jeunes filles qui se retrouvent choisies pour intégrer l’école de magie. Après une scène d’introduction qui permet de se faire un avant goût du ton léger et de l’humour omniprésent, nos deux futures magiciennes se retrouvent à débarquer sur une île vide de toute vie. Cette mise en situation est assez déroutante : toute l’île s’offre au joueur, donjons compris, mais il n’y a strictement aucun combat ni personne. Il faudra tout d’abord se rendre dans la seule ville du jeu, et l’explorer afin de finalement déclencher la suite des évènements.

Rapidement les lieux deviennent familiers, et on comprend alors le schéma de progression. Le jeu est en effet découpé en une douzaine de chapitres, qu’il faut voir comme des tranches de vies de nos héroïnes. Chacun sera l’occasion de faire avancer l’intrigue et de résoudre certains problèmes autour de l’île, ce qui permettra d’explorer les diverses régions par la même occasion.

Le début se veut comique avec une rivalité filles/garçons et des situations plutôt amusantes. Par la suite, une fille mi-humaine mi-bête rejoint l’équipe, et l’histoire progresse autour de ses aventures amoureuses avec son chéri. Elle sera éventuellement remplacée par Winn, un jeune homme qui manque de courage et qui sera sans cesse charrié par Lena, dont il est en réalité amoureux… Au milieu de tout cela, une ribambelle de professeurs’ particis loufoire a pentici loufoque professeur adepte de maquillage qui a une mémoire d’environ 2 minutes, amenant à des situations hilarantes.

Vous l’aurez compris, des efforts conséquents ont été déployés pour créer un petit monde vivant, avec de nombreux personnages variés et des situations qui le sont tout autant. Mention spéciale au “Man’s dungeon”, le donjon des “Hommes, des vrais”, dans lequel Winn trouvera un objet qui sera ensuite conservé dans l’inventaire : la “Virilité”.

Une partie RPG très classique et accessible

Si le jeu doit beaucoup à son histoire et ses personnages, ses mécaniques sont quant elles très classiques et même très simples, faisant du jeu un titre accessible pour les débutants dans le genre. L’équipe comprendra au maximum trois personnages, qui parcourront des donjons qui sont de bêtes labyrinthes, comme souvent sur ces anciennes consoles. Cependant le design de ces derniers n’est pas insupportable, avec un nombre plutôt limité de culs-de-sac.

Les combats sont aléatoires. Les personnages étant des magiciens, il faudra systématiquement user de magie pour vaincre, les attaques physiques étant peu efficaces. Afin de ne pas se retrouver coincé dans un donjon, les personnages récupèrent automatiquement leurs points de magie lorsqu’ils restent immobiles suffisamment longtemps. Le jeu limite égallement l’inventaire aux objets, avec simplement la possibilité d’équiper une cape pour chaque individu, qui a pour effet de réduire les dégâts et accélérer la régénération points de magie.

Pour l’apprentissage des sorts, il faudra retourner voir régulièrement les divers enseignants : chacun a sa spécialité et apprendra aux personnages divers sortilèges. J’ai trouvé ce système sympathique, plutôt que de simplement voir le sort soudainement apparaître dans la liste, et ça permet de discuter avec les PNJs qui plus est. Les personnages sont très bavards et ce qu’ils disent changent à chaque chapitre.

Le jeu se parcourt sans déplaisir bien qu’il soit très facile. Il faudra en général utiliser les sorts les plus forts, et attendre que la magie remonte de temps en temps. Il est égallement possible de sauvegarder tout le temps, ce qui est un point positif de plus, surtout sur une console portable. L’aventure ne dure pas très longtemps, entre 10 et 15 heures, et ne cherche aucunement à narrer des histoires aussi épiques et massives que les opus Mega-CD. D’ailleurs la trame scénaristique est assez simple, avec peu d’antagonistes. Il faut voir Lunar Walking School comme une récréation dans un univers qui devient familier, et que l’on apprécie de retrouver après une journée de boulot.

C’est de toute beauté !

Lunar Walking School profite de toute l’expérience acquise sur la portable de SEGA, et les développeurs nous livrent un jeu réellement saisissant. Sur le plan des visuels tout d’abord, où la console est parfaitement exploitée. Les visits et personnages sont réalisés avec une belle palette de seize couleurs, parfaitement bien choisies, et on retrouve un style “anime” de plus bel effet sur les visas. Ces derniers arborent des expressions variées qui plus est, et l’affichage des textes est dynamique avec des fenêtres aux tails variées.

Les décors sont plus standards, avec de belles choses dans le village, mais des donjons un peu ternes. Les combats en revanche sont fort bien réalisés et assez originaux dans leur approche pour la machine. Les trois visits des personnages sont affichés en colonne, et un décor de fond aux teintes pastelles est dessiné avec la même palette. Par-dessus, les ennemis sont affichés avec une palette dédiée, et les sorts égallement. L’ensemble est réussi et vivant. Certains boss sont vraiment jolis et on sent que l’intégralité des 64 sprites y passe. D’ailleurs, il ya quelques disparitions quand les sorts viennent se rajouter. Dans l’ensemble, c’est du très bon travail.

Je note tout de même quelques légers défauts, comme les coffres et portes qui ne défilent pas impeccablement quand on se déplace (il ya un léger décalage). Lorsque l’on maintient la direction dans un mur, le personnage donne l’impression de trembler. Ce sont des détails anecdotiques, mais c’est dommage de les avoir laissé passer. Du côté de la bande-son, cette dernière est excellente et l’une des meilleures de la machine. Les thèmes sont variés et retranscrivent bien les situations, que ce soit la vie quotidienne avec des morceaux plus légers, les excellents thèmes des combats ou les compositions plus oppressantes dans les donjons. Un excellent boulot, surtout compte-tenu des limitations fortes des machines 8 bits à ce niveau.

On notera que tout comme les deux opus Mega-CDcet episode Game Gear a eu le droit à son remake sur Saturn, et que ce dernier est en passe d’être traduit en anglais qui plus est. Je me ferai un plaisir de le redécouvrir sur la 32 bits de SEGA…

Lunar Walking School est un JRPG agréable et fort bien réalisé. Il nous plonge dans la vie de deux apprenties magiciennes, et offre une atmosphère légère dans un monde qui devient rapidement familier. Les personnages sont nombreux et l’humour omniprésent. Les mécaniques sont finalement simples et le jeu est très facile, ce qui amène à rapidement voir le bout des douze chapitres de l’histoire. On passe néanmoins un très bon moment, d’autant plus que les visuels sont une totale réussite et la bande-son égallement. Le plus gros point fort du jeu est au final son ambiance, ses discussions enflammées et souvent hilarantes entre personnages loufoques et situations improbables. Une belle surprise !

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